Le Chevalier à la rose

chevalierbandeaubis.jpg On a donné Le Chevalier à la rose de Richard à Toulouse, au Capitole. Qu’y a-t-on vu ? Vienne non pas copie d’ancien, mais délicieusement, ironiquement ressemblante : le blanc et or de Frigerio y pourvoit, et les costumes (Franca Squarciapino), célestes. Carlos Kleiber aurait adoré ! Ne regrettons pas nos souvenirs, Jiri Kout a ça au bout de sa baguette, transitions, fluidité textuelle, bouffées de buffa, et une substantialité des timbres comme Strauss les veut, ni épais ni suaves.

En timbres, son cast d’exception vaut l’orchestre : Sophie Koch (deuxième sur la photo) ardente, mâle, avec un habit d’argent jamais vu ; Anne-Catherine Gillet, (troisième sur la photo) Sophie (sa première !!) enfin bec et ongles, pas seulement poupée à l’aigu qui flotte, positive, adorable ; Kurt Rydl maître absolu de la comédie et de l’inflexion, et sonore ; Ismael Jordi, ibérique de timbre, superbe de silhouette. Martina Serafin (première sur la photo) a quelque chose de plus, ce rien de magique qui s’attache à toute Maréchale digne de ce nom : malléable de timbre et de nuances, sans apitoiement, avec ici un peu de la féminité de Crespin, là du dépouillement de Söderström. Avec ces trois dames, quel trio à pleine voix, quel duo final ! Nicolas Joel n’a fait que suivre le texte et la musique, et (apparemment) laisser faire les personnages. C’est autrement difficile que de bidouiller un concept, avec du fric dessus. Et comme ça vit ! On avait oublié en France à quoi peut (doit) ressembler ce chef d’œuvre. C’est réparé.

A propos de l'auteur

André Tubeuf

André Tubeuf

Né à Smyrne en 1930, André Tubeuf collabore aux magazines Le Point et Classica-Répertoire. Il est l´auteur de romans et de nombreux ouvrages sur la musique.

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