Le blog-notes de Claude Samuel Le Comte Ory à l’Opéra-Comique L’époustouflante Julie Fuchs Rossini et les péchés de gourmandise     La pipe de Bach

Gioacchino Rossini (1792-1868) Un musicien pour les fêtes (DR)

Gioacchino Rossini (1792-1868)
Un musicien pour les fêtes (DR)

Pour le dernier blog de l’année, dont le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle fut souvent violente et pas vraiment réjouissante, je vous propose deux visions souriantes de la musique, grâce à deux compositeurs que je convoque ici, sans leur demander leur avis : Gioacchino Rossini, l’immortel auteur du Barbier de Séville que notre Gioacchino composa à vingt-quatre ans (il en était déjà à son dix-septième opéra !) et Jean-Sébastien Bach, notre insurpassable Cantor.

Rossini était à l’affiche de l’Opéra-Comique cette semaine (et il le sera jusqu’au 31 décembre) avec Le Comte Ory (un opéra français, mais oui, chanté en français et surtitré néanmoins pour nous aider). Je ne détaillerai pas les mérites de la production, signée Denis Podalydès pour une mise en scène habile et joyeuse avec une époustouflante Julie Fuchs dans le rôle de la Comtesse. Aujourd’hui, promis, on ne parle pas boutique, mais, et c’est bien dans l’actualité, cuisine.

"Le Comte Ory", ou l’habit ne fait pas le moine… © Vincent Pontet (Opéra-Comique)

« Le Comte Ory », ou l’habit ne fait pas le moine… © Vincent Pontet (Opéra-Comique)

 
895459265L’eau à la bouche
J’ai retrouvé dans ma bibliothèque un ouvrage publié il y a une trentaine d’années aux Editions Plume qui devrait vous mettre l’eau à la bouche : Rossini – Les péchés de gourmandise. Ayant arrêté de composer à trente-sept ans, et habitant Paris, une des capitales de la gastronomie internationale, ce fin gourmet cuisina, certes pas avec les ingrédients les plus économiques – il adorait les truffes et le foie gras ! Mais il peut vous donner quelques idées à la veille de votre Réveillon. Par exemple, pour épater vos amis : les rognons de veau Passy (Passy, il s’y installait pendant les beaux jours, entre deux séjours dans son appartement de la rue de la Chaussée d’Antin).

Pour quatre personnes : 2 rognons de veau, 2 gousses d’ail, 4 cuillères à soupe d’huile d’olive, 2 truffes, sel et poivre
Après avoir apprêté les rognons, les couper en tranches et les faire dégorger 1 heure dans de l’eau salée ; égoutter. Dans une sauteuse, faire blondir l’ail émincé dans l’huile d’olive ; ôter l’ail et faire sauter les tranches de rognon 2 minutes de chaque côté, saler, poivrer et ajouter les truffes coupées en tranches ; couvrir et cuire encore à feu doux entre 3 et 5 minutes selon que l’on aime les rognons plus ou moins rosés.

Si vous préférez le très classique Tournedos Rossini, la tarte Guillaume Tell, l’Omelette du Barbier, les Petits fagotins de blettes de la Cenerentola, les bouchées de la Pie voleuse ou… les œufs pochés du Comte Ory, essayez de retrouver le livre des Editions Plume et, bon courage, mettez-vous à vos fourneaux !

livre (3)Je vous ai promis Bach, voici Jean-Sébastien, dont l’histoire ne dit pas s’il était un bon cuisinier, j’en doute, mais il adorait fumer sa pipe comme l’indique le musicologue Giovanni Morelli, dans Musique et maladie dont la version française vient d’être publiée par Aedam Musicae avec une préface très calée mais bien intéressante de Laurent Feneyrou, l’un de nos plus brillants musicologues.

Ma pipe…
Il y est naturellement question des yeux de Bach, qu’un ophtalmo anglais de réputation mondiale a opéré, ce qui l’a rendu définitivement aveugle (et il provoqua les mêmes dégâts chez le pauvre Haendel)… Donc, Bach fumait, mais il n’est pas mort d’un abus de tabac. J’ai retrouvé dans le beau livre de Gilles Cantagrel, Bach – Passions, Messes et Motets, édité chez Fayard, le texte de la cantate BWV 515 et 515a, intitulé Pensées édifiantes d’un fumeur de pipe, dont je vous propose un petit extrait édifiant :

« Ma pipe est tout argile et terre,
Et je suis fait à son instar
Puisque je tournerai en poussière.
Qu’elle tombe, elle se brise, et point n’est rare
Qu’entre mes mains aussi en deux elle se casse.
Mon sort comme le sien est tout à fait fugace. »

Bon Noël, Joyeuses fêtes. Le blog reviendra vers vous le vendredi 12 janvier 2018.
 
 
CouvDiapasonDéc2017

Retrouvez la chronique de Claude Samuel
dans le magazine Diapason de décembre 2017 :

« Ce jour-là, 21 juin 1967 :
la dissolution de la Société des Concerts »

A propos de l'auteur

Claude Samuel

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Les commentaires de Claude Samuel sur l'actualité musicale et culturelle, étayés de souvenirs personnels.

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