ut pictura musica… sentita… Continuo XVIII.XI.XII

Denis Grenier
Ecrit par Denis Grenier

Piero della Francesca Ideal City

Émission du dimanche 18 novembre 2012

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Capriccio, 67 130, 2005

Quintus Psalmus Poenientalis, Psaume 102, Orlando di Lasso

Dans de grandes pièces de Orlando di Lasso – ou Roland de Lassus – interprétées par le Tölzer Knabenchor, intégrant des voix d’enfants, de garçons, accompagné d’un ensemble instrumental, c’est avec grande ampleur que les voix et les instruments à vent en dialogue chantent et jouent ce psaume, emplissant le lieu.

“Que mon cri parvienne jusqu’à toi …”, dans une écriture d’une profonde complexité, conséquente à la conduite des voix dans la polyphonie, avec des jeux d’imitations et de répons, mais aussi des mouvements rythmiques, la polyphonie joue aussi avec de courtes cellules rythmiques, dans une dynamique mélodique et harmonique. Les dessins des voix se meuvent, se dessinent, dans un large panorama de hauteurs et de couleurs, et une grande fresque en plusieurs tableaux avec tous leurs personnages se propose à nos oreilles.

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http://yt.cl.nr/ubgOZ58jMNY

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Atma, ACD2 2562, 2008

Kock the Lairds Brothers, Suite, The Balcarres Lute Book

De la musique écossaise avec ses tournures mélodiques, et pour chaque pièce, un thème et de multiples variations sont joués au luth, sur un luth à treize choeurs, pour un ensemble de danses, de ritournelles.

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http://yt.cl.nr/UpZhgrH42Uo

http://player.qobuz.com/#!/album/0722056256223

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Glossa, GCD 920919, 2011

Occhi del mianto mio, Luzzasco Luzzaschi

Donna mentre vi miro, Ludovico Agostini

Segu’a rinascer l’aura, Paolo Virchi

Une interprétation de chair et de couleurs permet d’entendre ces madrigaux qui empruntent à la fois à la complexité polyphonique du langage savant de la Renaissance, avec une conduite des voix riche d’expressivité par les frottements et les dissonances auxquels la modalité laisse tant de liberté, et à l’émergence de la seconda pratica qui élargit la possibilité de l’expression du sentiment tel qu’il est exprimé dans les textes poétiques ici chantés.

Les voix pleines de vie chantent avec chaleur et miroitements, accompagnés de la viole de gambe et du clavecin à la basse continue.

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http://yt.cl.nr/ubGNDcGUcQs

http://www.qobuz.com/blogs/denisgrenier/2012/03/02/ut-pictura-musica-poesis-ferrarese-ii/

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Flora 2511, 2012

Couplet de Folies, Marin Marais

Avec allure, la folia fait son entrée d’une manière majestueuse, puis une suite de variations est chantée aux deux violes de gambe de Philippe Pierlot et Rainer Zippeling, en dialogue avec le théorbe d’Eduardo Egüez et le clavecin de François Guerrier. Et la folia passe par de multiples humeurs sur les cordes des interprètes : de la poésie à la vigueur, de la douceur à la douleur, dans une diversité infinie, les instruments se font voix pour exprimer toutes les fragilités et les instants de la sensibilité humaine, sur une basse répétée, obstinée de quelques notes dans un court ambitus, et un couplet sans fin, dirait-on.


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Giovanna Garzoni, Plat d’artichauts, vers 1635

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http://www.labelflora.net/catalog/marais-folies

expédition gratuite dans le monde entier

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Carpe Diem, CD-16285, 2011

Differencias sobre La Dama le demanda, Antonio de Cabezon

Sur une mélodie répandue dans toute l’Europe déjà à la Renaissance, l’ensemble développe une suite de variations de Antonio de Cabezon, avec l’art de la diminution développé à la flûte douce, dans la tradition méditerranéenne de l’Italie et de l’Espagne.

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http://vimeo.com/26001566

http://player.qobuz.com/#!/album/4032324162856

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Accent, ACC 23148, 2004

Martellata di chiesa

La beauté d’un carillon de clochesde l’église San Petronio à Bologne, joué par Cesarino Bianchi, carillon auquel notre époque fait si peu de place dans notre écoute et ici fait irruption pour notre plus grand plaisir et nous transporte dans un univers un peu merveilleux.

Pardonne moi cette folie, Marco Antonio Cavazzoni, da Bologna

Dans une belle couleur de timbres, la mélodie de la chanson est jouée au clavier de l’orgue avec un large éventail de tournures mélodiques illustrées avec inventivité par les ornementations improvisées sur un tempérament inégal de cet orgue de la Renaissance Lorenzo da Prato, 1471-1475.

Madame, vous avez mon coeur,

Sur des jeux de tuyaux à bouche ouverts, mais légèrement voilés, la mélodie est véritablement chantée au clavier comme une poésie qui nous serait contée, presque une confidence, avec une souplesse infinie et une sensibilité qui est fort touchante.

Ricercare del primo tono, Claudio Veggio

Les pleins jeux sont choisis pour énoncer cette recherche sur une mélodie, ou ricercare, dans lequel un thème intervient à toutes les voix, à l’endroit, à l’envers, amplifié, diminué, et est le prétexte à un jeu qui invite l’interprète à l’ornementation.

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http://yt.cl.nr/zaWfekIF2ws

http://player.qobuz.com/#!/album/4015023231481

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Muso, mu-003, 2012

When Daphnee from Phaebus di fly, Anonyme anglais

Sweet was the song the Virgin sung,

The tears of The Muses, Anthony Holborne

The tears of The Muses, John Dowland

Le consort de violes autour de Julien Léonard, avec la voix de soprano d’Eugénie Varnier, interprètent ici des pièces anglaises : d’abord une dynamique et des sonorités délicates avec une élégance joueuse et une belle cohésion, puis de la profondeur pour une expression sensible autour d’une voix pleine et au timbre riche et coloré. Les pièces instrumentales, Les larmes des Muses, sur des fondamentales bien ancrées, font entendre la diversité des harmonies avec finesse, et la dynamique de l’ensemble contribue à une réalité musicale bienvenue.

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http://www.muso.mu/#!__muso-fr

http://player.qobuz.com/#!/album/5425019973032

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Muso, mu-004, 2012

Amusement, Louis-Gabriel Guillemain

Guillemain, violoniste hors-pair, au tempérament entier, compose ici un amusement plein d’énergie et de vivacité pour violon et flûte et ensemble instrumental, dans une suite de mouvements entre suite et sonate, en plein XVIIIè français. Au coeur de la pièce, l’intervention d’une anche double avec une musette évoque la musique populaire.

Sa main est pétillante, il n’y a point de difficultés qui puissent l’arrêter, et lui seul en fait naître dans ses savantes productions qui embarrassent quelquefois ses rivaux.” Pierre Louis d’Aquin de Château, 1754.

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http://player.qobuz.com/#!/album/5425019973049

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Atma, ACD2 2648, 2012

Scherza in mar, Georg Friedrich Händel
Verdi piante,

Une voix mobile, d’un timbre plein et d’une grande clarté chante avec souplesse et volubilité ces airs de G F Händel, en pleine apogée de l’opéra du XVIIIè. A la puissance de la voix se joint une possibilité de moduler la sonorité au milieu de grands traits aussi bien que pour de longues notes tenues, l’interprète a une grande maîtrise de l’expression.

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http://yt.cl.nr/ZsF1w25mWhw

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Carpe Diem, CD-16285, 2011

Passacaglia, improvisation

Sur une basse répétée, au théorbe, et avec quelques percussions de bois, le luth égrène une suite de variations plus ou moins ornementées, et la flûte intervient pour une douce mélodie un peu mélancolique. Le duo des deux interprètes tisse une invention selon la tradition, et diversité, continuité et parfois surprises mènentl’aventure pour un moment de musique dans la prérogative de l’instant.

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Collaboration

Thérèse Bécue

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