Yves Rousseau

Yves Rousseau

Maintenant que la vidéo musicale devient cette drôle d’addiction qui permet de recevoir dans son salon toutes les stars du moment que la distance magnifie dans la salle mais dont on n’ignore plus, vus de près, ni les points noirs ni les petites monstruosités physiques , on a bien besoin, dans la cabine d’un “conseiller musical” pour rendre la musique au mieux.

Le “conseiller musical” étudie et annote à l’avance les partitions, il “découpe” dans le jargon, et indique à la réalisation et aux caméramans les instruments qu’il faut filmer. “Conseiller musical” auprès des réalisateurs de concerts filmés, et bien voilà donc le tout dernier en date des métiers exercés par Yves Rousseau. Vous le croiserez, très affairé, dans toutes les grandes salles, que ce soit à Pleyel, à la Cité de la Musique, au Théâtre des Champs-Elysées, à Garnier, à la Halle aux grains, à Aix ou Verbiers, ses grandes partitions annotées sous le bras !

Lorsqu’il n’oeuvre pas dans l’ombre de la cabine vidéo, il conseille aussi ses amis musiciens pour des enregistrements, avec cette satisfaction de l’oeuvre bien accomplie, des résultats tangibles, mais toujours dans l’ombre, en toute modestie. Têtu comme doit l’être un Breton et Suisse à la fois, Yves poursuit ses passions et construit au fil des années un monument aux choses qu’il aime. La liste est longue.
Quand même, listons :
– L’orgue d’abord, un instrument qu’il pratique lui-même régulièrement le dimanche à l’église et dont il a permis quelques enregistrements magnifiques avec les intégrales Jehan Alain, Duruflé, Franck…
enregistrées par l’organiste Eric Lebrun – mais aussi en assurant la programmation d’un cycle de concerts d’orgue pour René Koering au Festival de Radio France et de Montpellier (voir édition 2011).
Yves par ailleurs est membre du Comité artistique du Concours International d’Orgue de Chartres et très investi dans l’organisation du Concours International d’orgue de Chartres depuis 1990.

– La musique française en général. On citera son militantisme ardent en faveur de Ropartz, Poulenc, Duruflé, Honegger… qui a produit de beaux fruits avec les enregistrements de Michel Piquemal.

– Le chant choral (il fut pendant longtemps l’administrateur de l’Ensemble Vocal Michel Piquemal et du Choeur Vittoria d’Ile-de-France et ensuite un court passage au Choeur de Radio France.

– L’enseignement, une passion qui le vit travailler au Conservatoire de Lille aux côtés de Philippe Lefebvre et au CNSM de Paris comme responsable de la programmation des activités publiques.

Mais tout cela n’aurait pas eu lieu sans une mélomanie initiée dès l’enfance, à Nantes avec l’orgue et la rencontre d’un professeur extraordinaire : Micheline Lagache, mais aussi avec l’Orchestre des
Pays de la Loire à l’époque de Pierre Dervaux, lui-même défenseur émérite de la musique française (il chantera en choeur des années sous sa direction). Au cours de ces années, ses chocs musicaux seront,
Pelléas, les Dialogues des Carmélites, Louise, Jeanne au bûcher !

A son compte à Nantes dès 1977, Yves vendit des disques et des billets des concerts dès 1977 sous la fière enseigne “Yves Rousseau Disques” – les clients s’en souviennent encore : ils furent bien servis. Parce que, pour Yves Rousseau, la musique est une affaire sérieuse, et pour tout dire, la grande affaire de sa vie.

Photo : (c) Jean-Baptiste Millot / www.qobuz.com – Reproduction interdite.

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