Les charts Qobuz du 18 novembre 2013

Les charts Qobuz
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Ecrit par Julien Boudry

TÉLÉCHARGEMENTS

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1 – No Deal (Mélanie De Biaso)

La voix de Mélanie De Biasio fait bien plus que réchauffer les âmes et les ouïes. Avec No Deal, son nouvel album qui parait chez Pias (un disque Qobuzissime !), la chanteuse belge qui vénère Nina Simone et Abbey Lincoln s’éloigne avec délicatesse des classiques sentiers battus du jazz vocal pour flâner vers la soul ou le blues, voire dans des cieux on ne peut plus planants. Dans ces instants en apesanteur, on ne sait plus si l’on est en terre trip hop ou sur la planète Pink Floyd… A l’arrivée, un superbe disque ovni, totalement fascinant et porté par une voix ne cherchant jamais la virtuosité gratuite ou la facilité de cambrures prévisibles.

Après dix-sept années d’existence et sept albums, Hadouk trio devient quartet pour ce délicieux Hadoukly. Éléments fondateurs du son Hadouk le HAjouj de Loy et le douDOUK de Didier restent au coeur du projet ; avec l’apport d’un musicien supplémentaire, le son d’ensemble se veut paradoxalement plus épuré, plus acoustique. Loy Ehrlich délaisse les claviers et l’électronique pour se consacrer au gumbass (instrument hybride entre le gumbri marocain et la basse). Didier Malherbe continue d’explorer la voie du doudouk avec des modèles de différentes tessitures, et nous fait découvrir des flûtes improbables : pa-ou chinois, bansouri indien, pipeau moldave… Jean Luc Di Fraya, batteur de formation, joue sur un set de percussions très original ; il chante d’une voix magnifique qui ne manquera pas de surprendre… Enfin : Eric Löhrer, nouvel arrivant (guitare acoustique, lapsteel, cavaquinho, banjo) avec son jeu précis et délicat, propose un nouvel univers harmonique.

3 – Aventine (Agnes Obel)

Avec Aventine, Agnes Obel étoffe un peu plus l’univers intimiste, climatique et on ne peut plus onirique qui suintait de son premier album, le grandiose Philharmonics. Derrière un piano épuré emprunté à Erik Satie, la Danoise installée à Berlin étire ses miniatures vers davantage de grandeur. Comme d’immenses espaces sonores que sa voix réverbérée vient magnifier. On se laisse donc flotter dans cette sublime matière sonore. Dans ce rêve éveillé encore plus subtil que sur son prédécesseur. Moucheté par quelques violons ici. Ou par un violoncelle là. Un disque qui confirme le talent d’une musicienne hors du temps.

 

ÉCOUTES

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1 – Tohu Bohu (Rone)

Il le dit lui-même. « Ces trois dernières années, j’ai rencontré beaucoup de monde et me suis également retrouvé seul assez souvent. Je me suis perdu et me suis retrouvé à nouveau, travaillant frénétiquement. J’ai appris à organiser mon foutoir intérieur que j’ai exploité. Tohu Bohu est une représentation de mon propre chaos que j’ai exploité pour au final l’enregistrer » Avec ce deuxième album pour le label InFiné, Tohu Bohu, Erwan Castex alias Rone signe aussi une missive écrite de Berlin où il est désormais installé.

2 – If You Wait London Grammar

Le choc London Grammar ! Ce jeune trio londonien né il y a deux ans vaut avant tout pour la voix envoûtante de sa chanteuse Hannah Reid qui n’est pas sans rappeler celle de Romy Madley Croft de The XX, mais aussi de Florence & The Machine voire, chez les plus anciens, de Tracey Thorn d’Everything But The Girl. Un chant sensuel et en apesanteur au service d’une pop résolument atmosphérique qui a ensorcelé Qobuz au point d’en faire un disque Qobuzissime.

3 – Hadoukly Yours (Hadouk Quartet)